Retour au Sénégal: mythes, arnaques et pièges à éviter

Revenir au Sénégal peut être déroutant. Mythes, arnaques subtiles, codes locaux et conseils pratiques pour naviguer avec lucidité et sérénité.

Amina

1/4/20264 min temps de lecture

A man in a black polo shirt is talking on a cell phone
A man in a black polo shirt is talking on a cell phone

Mythes et réalités: qui croire et comment se protéger en revenant au Sénégal

On va pas se mentir: revenir, c’est excitant. Mais dès le premier pas hors de l’avion, on réalise que tout le monde ne joue pas franc-jeu. On s'attend à être accueilli, mais on n'est jamais totalement préparé aux petites subtilités du pays. Le Sénégal, c’est une communauté vivante et chaleureuse, mais aussi un espace où certaines règles non-écrites s’appliquent.

Comprendre le contexte

La première chose à savoir: les arnaques existent, et elles ne sont pas réservées aux nouveaux venus. Elles sont partout, la différence c'est que les locaux connaissent les codes. Ils ont eu le temps de tisser leur réseau. Les nouveaux, eux, arrivent avec leur énergie, leur impatience et parfois une petite supériorité: “j’ai vécu ailleurs, je sais comment ça marche, je ne vais pas me faire avoir.”

Ici, la nuance fait la différence. Ce n’est pas toujours du “on te vole et on s’enfuit”. C’est subtil. Une promesse sur papier, un sceau officiel, un nom connu. Tout paraît légitime. Et c’est là que l’illusion prend racine.

L’illusion du contrôle

Quand on vient des États-Unis ou d’Europe, on est habitué à des règles strictes, à des processus clairs, à des systèmes de vérification. On a cette vigilance suffit partout. Mais ici, le système est différent. Le temps est souple, les relations priment sur les horaires. On peut avoir l’impression de “faire mieux” ou de comprendre plus vite. Et c’est exactement ce qui attire les escrocs les plus subtils : la confiance excessive dans sa propre intelligence.

Comment reconnaître quelqu’un de fiable

On va être clair: quelqu’un de digne de confiance ne va pas changer son prix sous prétexte de votre pression. Il vous dira honnêtement ce qu’il peut faire et ce qu’il ne peut pas. On le remarque tout de suite. Il n’est pas pressé. Il ne court pas derrière vous. Et on peut même sentir qu’il ne vous fait pas totalement confiance, c’est normal. Les personnes sérieuses n’accordent pas leur confiance immédiatement.

Un autre signe: il ne vous pousse pas dans l’urgence. Ici, la précipitation est souvent un drapeau rouge. Tout le monde a son rythme, et comprendre ce rythme vous protège.

Le cas des 38 millions

Un exemple qui frappe fort: un homme revenu de Suisse voulait investir dans un projet agricole ambitieux: plusieurs hectares, production de volailles, soutien gouvernemental supposé. Lui et après avoir convaincu ses amis, ont levé 75.000.000f, ce qui représentait environ la moitié de la somme nécessaire pour le projet.

Tout semblait légitime: documents officiels, sceaux, entreprise connue, partenariat supposé avec l’État. Mais réalité: l’entreprise est réelle mais le projet est totalement fictif. Une seule personne au sein de la société avait fabriqué les documents, utilisant le nom de l’entreprise pour crédibiliser le projet. L’entreprise elle-même n’était pas au courant.

C’est sa femme qui a senti que quelque chose clochait. Elle a pris l’avion, récupéré toute la documentation, et l’a donnée à un membre de sa famille, un policier. Une enquête a été menée. Verdict: aucun projet, aucune base légale, rien. 38 millions perdus, malgré tous les efforts. Ce n’est pas une histoire isolée. Tous les jours, ON voit des petites arnaques, moins spectaculaires, mais cumulatives.

La fatigue de la confiance

On finit par développer une “fatigue de confiance”. Après plusieurs tentatives d’escroqueries, on en vient à ne faire confiance à personne. C’est compréhensible, mais pas nécessairement productif. L’astuce: rester vigilant sans sombrer dans la paranoïa. Vérifier, prendre le temps, observer le rythme local. On finit par trouver les bonnes personnes, et elles existent.

Petits conseils pratiques

Ralentir le rythme. Ici, la précipitation est souvent un piège. Les arnaqueurs veulent que vous soyez pressé, que vous ne réfléchissiez pas.

Vérifier les informations. Documents, références, recommandations, avoir une seconde opinion, rien n’est trop petit pour être confirmé.

Observer le comportement. Quelqu’un de sérieux est calme, clair sur ce qu’il peut faire, n’essaie pas de forcer la main. Il est aussi un peu méfiant.

Faire confiance progressivement. On ne donne pas sa confiance dès le départ. Ça prend du temps, et c’est normal.

L’expérience locale

Même si ON a été victime de petites escroqueries, ce n’est pas personnel. C’est juste la manière dont certaines personnes ici naviguent. Les règles implicites, les codes sociaux et l’humour sont différents. On apprend à décoder ces signaux, et petit à petit, la confiance se reconstruit.

C’est important de comprendre que la précipitation et, surtout, la supériorité perçue sont les principaux pièges. Vous pensez: “Je connais les arnaques, je ne vais pas me faire avoir.” Mais ici, le jeu est plus subtil. Ce n’est pas le gros vol évident, c’est l’illusion crédible. Et c’est normal d’apprendre ça à la dure.

Conclusion

Revenir au Sénégal, c’est découvrir un pays vivant, humain, mais où la vigilance est clé. Les arnaques existent, mais elles ne sont pas omniprésentes. On peut les éviter avec patience, observation et vérification. On apprend à trouver les bonnes personnes et à comprendre le rythme local. Chaque erreur, chaque expérience devient une leçon. On finit par comprendre que la patience, l’humilité et l’observation sont vos meilleurs alliés. Et, malgré les risques, le pays offre une richesse humaine et culturelle qui vaut largement ces précautions.

On revient plus fort, plus prudent, mais surtout plus connecté à la réalité locale, avec la capacité de naviguer dans un monde qui n’est pas noir ou blanc, mais plein de nuances.